Arte Flamenco

n°29 du 3 au 8 juillet 2017

mercredi 5 juillet

El Principito
Anabel Veloso

> Théâtre Molière à 15h | Spectacle familial, dès 6 ans
Gratuit

La compagnie andalouse Anabel Veloso, venue durant l'année scolaire en résidence de création avec une cinquantaine d’enfants de l’école de Saint-Sever, propose un spectacle flamenco tiré de l’œuvre de Saint-Exupéry, Le Petit Prince, traduite dans plus de 250 langues. Rencontre avec la chorégraphe.

Anabel Veloso et les collégiens de Saint-Sever © Marina CravoQu'avez-vous pensé de ce projet au départ?
J'étais très excitée parce que jusqu'ici, j'ai créé des spectacles pour enfants, mais pas avec eux. Quand on m'a proposé une résidence de création avec les élèves, j'ai aimé le défi. C'est le projet qui m'a fait puiser le plus de créativité au plus profond de moi-même.
 

Pourquoi le Petit Prince ?
C'est une œuvre universelle, que je lis souvent à mon enfant de 5 ans. Bien avant ce projet, je conservais précieusement dans ma bibliothèque trois éditions, l'une d’elles en français. Après avoir été traduite dans tant de pays, nous avons pensé qu'il manquait une version en langue flamenco !

N'est-ce pas étrange d'apprendre le flamenco à des petits Français ?
Anabel Veloso et les élèves de l'école primaire de Saint-Sever © Marina CravoPas du tout ! Le flamenco est patrimoine de l'humanité. Et je peux vous dire qu'il y a des régions du monde, comme ici à Mont-de-Marsan, où les gens en savent plus que dans bien des régions d'Espagne ! Cette expérience est très enrichissante pour eux, ils apprennent un peu de notre culture andalouse, notre manière d'être et notre façon de nous exprimer sans tabous.

Comment avez-vous travaillé avec eux ?
C'était très intense. Nous avons travaillé la psychomotricité, la désinhibition, le rythme et la mélodie grâce à Diego Villegas, sa flûte et sa guitare. Le tout par des jeux, en apprenant que le flamenco n'est pas si différent des autres musiques dans le sens où il est toujours question de sentiments. Amour, passion, tristesse, mélancolie, joie, nous sommes tous égaux.

DISTRIBUTION
Chant, baile, percussions, instruments
: Les enfants des classes de CM1 de l’école primaire du Parc de Toulouzette de Saint-Sever
Direction artistique et chorégraphie : Anabel Veloso
Direction musicale et instruments à vent : Diego Villegas
Assistant chorégraphie et pédagogie : Alberto Ruiz
Suivi pédagogique : Christelle Latappy, Christophe Sourrouille et Nathalie Baudoin

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Catedral
Patricia Guerrero

> Café cantante à 20h

Catedral © Oscar RomeroA peine Patricia Guerrero marchait-elle dans l'Albaizín de Grenade qu'elle s'est mise à danser. A tout juste trois ans, sa mère la bailaora Maria del Carmen Guerrero, l'inscrit dans l'académie qu'elle dirige. Des premiers pas de danse qui la mèneront jusqu'au rôle de soliste dans le spectacle de Carlos Saura, Flamenco hoy et sur des scènes mondiales aussi prestigieuses que le City Center de New York. A seulement 17 ans, elle gagne le prix Desplante du Festival Internacional del Cante de las Minas, avant de devenir en 2011 première danseuse du Ballet Flamenco de Andalucía, sous la direction de Rubén Olmo. De cette étape, restent en mémoire ses duos avec le génial Antonio Canales. Parallèlement, Patricia Guerrero crée sa propre compagnie. Sa dernière création, Catedral, est son projet le plus ambitieux à ce jour, en collaboration étroite avec le grand metteur en scène, Juan Dolores Caballero. Une quête d'intérieur, de physique, d'esthétique dans un univers fantasmagorique.
Catedral a été récompensé par le Giraldillo du Meilleur Spectacle lors de la XIX Biennale de Séville. A 27 ans, Patricia Guerrero, artiste intense et technique, parfois enragée mais toujours sincère, est sans doute la plus grande danseuse flamenco de sa génération.

Catedral est un plaidoyer contre les conventions sociales ?
Catedral © Oscar RomeroC'est un spectacle sur la libération des femmes et sur les croyances religieuses. On y voit l'évolution d'une femme qui a subi la répression trop longtemps et qui trouve enfin la force de sa libération. Au départ, le personnage que j'incarne, enfermé dans les dogmes, ne peut même pas danser et peu à peu il se libère en faisant bouger tout son corps, ce qui se manifeste aussi dans les tenues que je porte, d'une robe austère à des vêtements rouges qui symbolisent la libération de l'esprit et du corps.
En tant que femme, je voulais rendre hommage à toutes celles qui se sont battues pour des idéaux et qui ont réussi à faire ce que nous sommes aujourd'hui dans la société, des êtres de plus en plus à l'égal de l'homme. On peut dire que c'est un plaidoyer contre les conventions sociales, une lutte contre les faits établis. Donc ce sont des moments durs, mon personnage souffre quand il ne peut pas s'exprimer : ça a été un processus de travail très intéressant.

Un travail dur techniquement aussi ?
Oui, c'est une danse très intense, très réaliste. Catedral montre une partie de moi que je ne connaissais même pas ; le metteur en scène a réussi à faire sortir de mon corps une force que je n'imaginais pas. C'est un spectacle techniquement difficile, avec beaucoup d'équilibres, et je suis presque tout le temps sur scène. Si je devais résumer, je dirais que ce spectacle, c'est de la force et même de la rage contenue.

Vous évoluez au côté d'un ténor et d'un contre-ténor, ce n'est pas si fréquent dans le flamenco…
Catedral © Oscar RomeroNon, c'est même assez rare ! A force de se réunir avec Juan Dolores Caballero et de réfléchir à la façon de mettre en scène le spectacle, l'idée nous est venue d'y inviter des chanteurs lyriques avec des chants d'église, des jumeaux entre anges et démons. Ils me parlent continuellement, ce sont de vrais personnages du spectacle. Les percussions ont aussi beaucoup d'importance pour se retrouver dans un monde sonore très particulier. Sans parler des éclairages qui donnent l'impression d'être dans une cathédrale très spéciale, entre ombres et lumières, le tout porté par une scénographie épurée.

Vous incarnez aujourd'hui une forme de flamenco contemporain...
Le flamenco est contemporain parce qu'il est d'aujourd'hui et qu'il s'accorde avec notre façon de vivre, notre façon d'être dans notre époque. C'est très positif qu'il y ait une telle diversité dans la manière de l'exprimer, des plus classiques aux plus avant-gardistes. Depuis que je suis née, ma mère m'a inculqué le flamenco pur, mais elle comprend tout à fait aujourd'hui ces évolutions naturelles et ça lui semble même génial. J'aime montrer mes racines et aussi vivre avec mon temps.

  • Cathedral sera suivi d’un bord de scène. L’occasion pour le public de discuter avec Patricia Guerrero, en présence de la directrice artistique du festival, Sandrine Rabassa.

Une coproduction Bienal de Flamenco de Sevilla, Festival de Jerez et Conseil départemental des Landes.
Avec la collaboration du Festival de Cante Jondo Antonio Mairena.

DISTRIBUTION
Danse et chorégraphie
: Patricia Guerrero
Corps de ballet : Maise Márquez, Ana Agraz, Mónica Iglesias
Ténor : Diego Pérez
Contre-ténor : Daniel Pérez
Chant : José Ángel Carmona
Guitare : Juan Requena
Percussions : Agustín Diassera, David « Chupete »

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Festival Arte Flamenco N°29